Syrie : Les observateurs de l’ONU entre en jeu …


Beyrouth – L’observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a recensé, ce lundi, 11 117 morts en Syrie depuis le début, mi-mars 2011, de la révolte populaire contre le régime, dont 55 depuis l’entrée en vigueur, jeudi, du cessez-le-feu.

« 7.972 civils et 3.145 soldats et déserteurs ont été tués, dont quelque 600 » dissidents, a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH qui indique avoir « une liste nominative des victimes civiles et des lieux où elles ont été tuées« .

Syrie : La répression continue…

De violents combats ont éclaté, lundi, entre les soldats syriens et les déserteurs à Idleb (nord-ouest), ainsi que la reprise des bombardements sur la ville de Homs, où deux civils ont trouvé la mort à Hama (centre), selon l’OSDH.

« Deux civils ont été tués par des tirs des forces gouvernementales sur leur voiture à Hama », a expliqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) dans un communiqué, diffusé ce matin.

« Les forces gouvernementales bombardent au mortier les quartiers de Khaldiyé et de Bayada », a ajouté l’OSDH, précisant que ce sont des lieux symboliques car pour 30% des militants ils représentent la « capitale de la révolution » qui échappaient jusqu’ici au contrôle de l’armée.

De fortes hostilités qui sonne comme un avertissement avant le débarquement des observateurs de l’ONU, ce jour.

Et, les observateurs de l’ONU débarquent !

Une première équipe de six observateurs militaires des Nations Unies a débarqué, ce lundi, en Syrie pour surveiller et constater la conformité du cessez-le-feu fragile négocié par Kofi Annan, a déclaré son porte-parole. Une décision qui fait suite aux déclarations des militants qui ont signalé des bombardements de la part du gouvernement sur la ville de Homs, notamment Hama et d’autres quartiers.

Des observateurs prêts à patrouiller, dès ce matin, selon Ahmad Fawzi, porte-parole de Kofi Annan et principal initiateur de la trêve sous les auspices des Nations Unies. Une première équipe qui devait être rejoint par 25 autres observateurs d’ici quelques jours. Leur but ? Être les avant-gardes d’un contingent qui devrait passer à 250, après les nouvelles négociations avec le gouvernement Syrien, et « commencer la mise en place d’un siège pour tendre la main au gouvernement syrien et aux forces de l’opposition, afin que les deux côtés comprennent pleinement » leur rôle, explique M. Fawzi, dans son communiqué.

Du côté de la population, l’enthousiasme autour de l’arrivée de ces observateurs est mitigée … En effet, nombreux ont encore en mémoire l’intervention des Nations Unies dans le conflit Irakien.

« Je n’ai aucune confiance en l’ONU et ses organisations, ce qu’elle fait n’a rien de bon pour les Arabes, » affirme Ali, 40 ans, employé du gouvernement et membre de la secte du président Bachar al-Assad, qui est resté résolument derrière le président. « La Russie est debout avec la Syrie, mais sa position récente n’est pas aussi forte qu’elle l’était il y a quelques mois, » a ajouté Ali, ne souhaitant pas donner son nom de famille par peur des représailles.

De l’autre côté, les partisans de l’insurrection se demandent si le contingent de 250 observateurs devant être mis en place sera assez suffisant pour maintenir le cessez-le-feu.

« Le gouvernement syrien a été forcé d’accepter ces observateurs », a déclaré Abou Abdou, un Syrien de 30 ans interrogés dans le centre de Damas. « Je pense que cette mission sera la dernière occasion pour trouver une solution, à la fois, pacifique et politique à la crise syrienne. »

« Le plan Annan comporte six points, et nous voulons voir la mise en œuvre de ces six, pas un cessez-le-feu partiel, » déclare Mohamed, un étudiant de 25 ans.

Si les violences ont reculé de façon significative, le gouvernement a mené de nouvelles attaques ce week-end, soulevant de nouveaux doutes sur ses intentions réelles à l’égard du plan de paix élaboré par l’émissaire de l’ONU, Kofi Annan, pour mettre fin à 13 mois de violences. Faisant savoir ensuite qu’il ne pourrait pas être tenu responsable de la sécurité des observateurs s’ils n’est pas associé « à toutes les mesures sur le terrain« .